La culture émergente n’est pas une variable d’ajustement. Ce qui se joue ici dépasse un festival.
Depuis 17 ans, le festival Mouvements sur la ville défend une autre idée de la culture. Une culture vivante, accessible, audacieuse. Une culture qui laisse une place aux compagnies émergentes, aux écritures fragiles, aux premières œuvres, aux prises de risques.
En 17 éditions, ce sont plus de 140 compagnies accueillies, soutenues, accompagnées. Des artistes aujourd’hui reconnus y ont trouvé un espace pour créer, expérimenter, rencontrer des publics. Cette « petite niche » de la jeune création était essentielle. Essentielle pour la danse. Essentielle pour les artistes. Essentielle pour tout un territoire.
Aujourd’hui, alors même que nous étions en pleine programmation, les crédits DRAC dédiés au festival ont été entièrement supprimés. Brutalement. Sans visibilité. Sans considération pour le travail engagé, pour les équipes, pour les artistes, pour les partenaires et les publics.
Disons-le sans détour : cette suppression met le festival en péril vital. Notre budget était déjà minime. Depuis des années, faire vivre Mouvements sur la ville relevait d’un véritable engagement militant — chaque édition arrachée à la précarité, à force de convictions, d’énergie et de débrouille. Les crédits DRAC n’étaient pas un confort. Ils étaient le socle minimal sans lequel rien ne tient.
Nous ne savons pas encore ce que nous pourrons sauver, transformer ou abandonner. Et c’est précisément cela qui est violent : devoir imaginer l’avenir d’un festival historique dans l’incertitude la plus totale.
Les décisions politiques actuelles étranglent méthodiquement les espaces indépendants de création. À force de coupes budgétaires, seules survivront les structures les plus puissantes, les grands labels, les formats déjà rentables et identifiés. Mais que devient alors la jeune création ? Que devient la diversité artistique ? Que devient le droit à l’expérimentation, à la recherche, à l’émergence ?
Derrière chaque suppression de budget, il y a des artistes empêchés, des équipes fragilisées, des territoires appauvris culturellement. Et derrière chaque festival indépendant qui vacille, c’est un morceau du paysage artistique commun qui disparaît.
Un festival, ce n’est pas une ligne dans un tableau. C’est un territoire — Montpellier, sa région, ses publics, ses lieux partenaires fidèles. C’est un écosystème patiemment tissé pendant 17 ans. On ne reconstruit pas cela d’un trait de plume budgétaire.
Nous refusons de considérer cela comme normal. Nous refusons que la culture devienne un luxe réservé aux plus visibles et aux mieux installés.
Nous ne savons pas ce qui restera de Mouvements sur la ville. Mais nous avons besoin de vous — pour relayer, témoigner, faire du bruit. Pour rappeler que ces espaces existaient, qu’ils comptaient, et que leur disparition n’a rien d’une fatalité.
Mouvements sur la ville n’est pas encore tombé. Aidez-nous à le défendre. Ce qui se joue ici dépasse un festival.
#MouvementsSurLaVille #CultureEnDanger #JeuneCréation #DanseContemporaine #DRAC #Montpellier #SoutenonsLesFestivalsIndépendants

